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Revue de la presse quotidienne internationale européenne du 14/06/2018


Jeudi 14 Juin 2018 Par MAP




Bruxelles - Divers sujets d'actualité ont suscité l'intérêt des quotidiens européens qui y ont consacré de lares commentaires et analyses dont le vif débat autour de la crise migratoire à l'approche du sommet européen fin juin, le Mondial-2018 de football qui débute ce jeudi à Moscou, la démission du ministre espagnol de la Culture et des sports Maxim Huerta après seulement sept jours à la tête de ce département et l’efficacité de certaines mesures incitatives à l'investissement étranger au Portugal.

Sous le titre "l'Europe se déchire, Macron esquive", le journal suisse Le Temps écrit que "la France s'attend au pire lors du sommet européen que le président chef de l'Etat préparera lors d'une rencontre avec Angela Merkel le pour un conseil des ministres franco-allemand. "Le refus italien de laisser accoster l'Aquarius et la passivité coupable de la France qui n'a pas immédiatement proposé un port de rechange comme Marseille ou Sète ont accouché d'une crise diplomatique entre les deux pays", souligne le journal.

Le "24Heures" relève de son côté que le gouvernement français compte sur Berlin pour convaincre la présidence tournante autrichienne de l'UE de faire adopter sans tarder les règlements communautaires en discussion pour donner plus de pouvoirs à l'agence de protection des frontières extérieures. Pour Paris, a-t-il poursuivi, il devient urgent de réduire les délais et d'uniformiser le traitement des demandes d'asile dans les pays membres.

"Salvini joue au bon et au mauvais flic", titre la Tribune de Genève selon laquelle les arrangements controversés de l'ancien gouvernement de centre gauche avec les autorités et des milices libyennes ont permis de faire chuter les arrivées de plus de 75% depuis l'été 2017. "Mais depuis le début de l'année, les autorités italiennes ont quand même enregistré plus de 13.500 arrivées", note la publication. Il cite les propos controversés du ministre de l'intérieur et chef de file de l'extrême droite Matteo Salvini pour qui "le bon temps pour les clandestins est fini". 

"Les migrants au coeur d'une crise diplomatique entre Paris et Rome", titre, pour sa part, le journal français Le Figaro qui écrit que la rencontre prévue vendredi entre le président Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, pourrait être annulée, après la polémique autour de l'Aquarius.

«La nouvelle brèche ouverte dans l'unité européenne aurait pu venir de la question russe, puisque la coalition au pouvoir en Italie réclame ouvertement la révision des sanctions contre Moscou. Mais elle a été doublée de manière spectaculaire par le sujet migratoire, qui a provoqué mercredi de fortes tensions diplomatiques entre la France et l'Italie », relève le quotidien, notant qu’ulcérée par les propos d'Emmanuel Macron, qui a dénoncé mardi le «cynisme» et l'«irresponsabilité» du gouvernement italien, qui a fermé ses ports et refusé d'accueillir le bateau Aquarius et ses 629 migrants, Rome a vivement contre-attaqué. 

L'Italie, ulcérée par les déclarations de M. Macron, estime que la France a constamment manqué de solidarité dans la crise migratoire, souligne, de son côté, Le Monde, notant qu’en dénonçant la " part de cynisme " et l'" irresponsabilité " de l'attitude du gouvernement de Giuseppe Conte, Emmanuel Macron a réveillé le souvenir des incidents qui ont émaillé les mois passés. Par la suite, le rappel au droit international du premier ministre, Edouard Philippe, et plus encore la réaction du porte-parole d'En marche !, Gabriel Attal, jugeant l'attitude italienne " à vomir ", ont provoqué une avalanche de réactions courroucées et même à la convocation, mercredi 13 juin, de l'ambassadeur de France au ministère des affaires étrangères, fait observer la publication, ajoutant que la nouvelle coalition au pouvoir a convoqué l'ambassadeur de France à Rome, un geste extrêmement rare entre pays alliés de l'Union européenne.

Sous le titre « Rome pique une crise, Paris temporise », Libération affirme que le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini semble avoir réussi son opération : faire admettre l’idée d’une Italie abandonnée par ses partenaires européens face à une hypothétique invasion migratoire, alors que depuis le début de l’année, moins de 15 000 personnes sont arrivées sur les côtes italiennes, faisant remarquer qu’il peut compter sur le soutien du hongrois Viktor Orbán et du chancelier autrichien Sebastian Kurz qui a annoncé la création d’un «axe» Rome-Vienne-Berlin sur la question migratoire. 

En Belgique, Le Soir écrit dans un éditorial, qu'au moment où commence la principale compétition sportive de l’année, et sans doute "le principal événement tout court", on ne peut s’empêcher de nourrir des sentiments ambivalents face à cette "exaltation" pour le "sport roi".

"Qu’on le veuille ou non, le football est magique. Il est facile à comprendre, à pratiquer et à commenter (…) Le terrain de foot, c’est un endroit de vraie égalité, quelle que soit l’origine, le niveau social ou la religion, c’est un endroit de fraternité où le collectif fait la différence ", souligne l’éditorialiste.

Enfin, c’est l’un des derniers spectacles en direct qui est souvent imprévisible, poursuit le chroniqueur, notant que tout cela explique sa popularité partout, ou presque, sur la planète.

L'auteur de l'éditorial relève, toutefois, qu’au-delà son aspect sportif, le football est devenu "un énorme business encore très peu régulé et donc ouvert à toutes les dérives". 

Il s’agit également d’un instrument politique qui "trouve tout son sens" pendant la Coupe du monde, ajoute-t-il, notant que ce Mondial sera l’occasion pour le président russe, Vladimir Poutine, d’ "à la fois flatter l’identité nationale et de renforcer son image au niveau international".

De son côté, La Libre Belgique souligne que malgré les considérations politiques et géostratégiques, "une Coupe du monde demeure, envers et contre tout, un moment privilégié, un spectacle incandescent, la célébration, quoi que l’on en dise, de sentiments d’amitié (…) guidés par un plaisir commun et bon enfant".

"A nos yeux d’amateurs, ce qu’il faut souhaiter à tous ceux et celles qui seront pris par l’événement, sur place ou depuis le pays où ils vivent, c’est qu’ils s’amusent, ensemble, aux exploits de leur équipe nationale. Qu’ils les célèbrent, ensemble, mais sans excès. Qu’ils partagent leurs émotions et leurs joies avec leurs familles, leurs voisins, les supporters des autres nations…", relève le journal dans un éditorial.

"Bref, l’amour du foot se doit d’être tout sauf aveugle. Soyons des fans enthousiastes mais non des supporters béats", conclut le quotidien.

Pour sa part, L’Echo jette la lumière sur la grande nouveauté technologique qui marquera le Mondial russe, à savoir l'arbitrage vidéo. 

"Attendue par certains comme la solution miracle aux erreurs d'arbitrage ou vue par des - puristes - comme une aseptisation d'un jeu humain, l’assistance vidéo à l’arbitrage alimentera toutes les discussions", note le journal, relevant que l’impact de cette technologie "imposée" par la FIFA, malgré des réticences, sera scruté lors du Mondial russe.

En Espagne, les journaux mettent l'accent sur la démission du ministre de la Culture et des sports Maxim Huerta après seulement sept jours à la tête de ce département, après avoir été rattrapé par des accusations de fraude fiscale.

«El Pais» indique que le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a connu hier sa première grande crise après à peine une semaine de mandat, notant que la presse a publié qu’en 2014 Maxim Huerta a été condamné par un tribunal administratif pour une fraude fiscale présumée de 256.788 euros entre 2006 et 2008.

Le tribunal avait considéré que Huerta a créé une société dans le seul but de payer moins d’impôts, précise le journal, ajoutant que Huerta est devenu le ministre au parcours le plus éphémère de l’histoire de la démocratie espagnole.

«El Mundo» relève que Maxim Huerta a défendu son innocence et a critiqué l’acharnement médiatique dont il aurait souffert, ajoutant que le montant de la fraude s’élève à 218.322 euros.

L’ex-ministre est notamment accusé d’avoir voulu faire passer l’achat d’une maison sur la plage pour une dépense justifiée, souligne le quotidien.

«ABC» relève que Huerta s’est présenté, lors de l’annonce de sa démission, comme une victime et a affirmé que les accusations contre lui visent à «dynamiter le projet de Pedro Sanchez».

De son côté, «La Razon» estime que Sanchez a voulu, en poussant Huerta vers la sortie, «sauver l’image de son gouvernement», ajoutant que la Moncloa a essayé dans un premier temps de maintenir le ministre de la Culture dans son poste mais a fini par céder à la pression au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

Au Portugal, les quotidiens se penchent sur différents sujets comme l’efficacité de certaines mesures incitatives à l'investissement étranger et le problème de la baisse du nombre d’élèves dans les écoles ainsi que le sommet historique entre les Etats Unis et la Corée du nord.

Diario de Noticias écrit que le parti Bloc de gauche (BE) propose l'élimination des visas Gold parce qu'ils sont une source de corruption, de trafic d'influence, de détournement de fonds, de blanchiment d'argent, d'infractions fiscales et criminelles et de discrimination entre ceux qui ont de l'argent et ceux qui n'en ont pas, d’après un projet de loi soumis ce jeudi à l'Assemblée de la République.

Le député bloquiste José Manuel Pureza a indiqué que parmi les 5.700 visas dorés attribués depuis la création de cette mesure en 2012, seuls neuf permis de séjour ont été accordés pour le motif de création d'emplois, alors que "la majorité écrasante concerne des investissements immobiliers", rapporte le quotidien. Pour le BE, "la suppression des visas d'or va mettre fin à l’une des sources de criminalité économique, mais aussi mettra un terme à l'une des principales causes de la spéculation immobilière.

Publico note qu’en raison principalement de la baisse du taux de natalité, le nombre des élèves des cycles primaire et secondaire continuent de baisser d’année en année, tandis que le nombre d'enseignants a commencé à augmenter en grande partie en raison de la présence de plus d'enseignants contractuels dans les écoles pour remplacer ceux qui sont en congé maladie par exemple.

En l'espace d'un an, entre 2015/2016 et 2016/2017, il y avait 20.281 élèves de moins dans les établissements d'enseignement non supérieurs du Portugal continental, mais le nombre d'enseignants a augmenté de 3.228, selon les dernières statistiques citées par le journal.

Jornal "i" écrit que le monde digère avec une certaine confusion le sommet de mardi à Singapour et il est facile de comprendre pourquoi.

Le document final, rédigé non seulement à l’issue des cinq heures de réunions, de déjeuners et de promenades, mais aussi de trois mois de négociations clandestines, en contient très peu, surtout compte tenu des objectifs américains, fait observer le quotidien, ajoutant que le monde ne sait toujours pas à quel prix Pyongyang vendra les armes qu'il a construites à ses dépens et à un prix très élevé.

Pour leur part, les quotidiens allemands ont braqué leurs projecteurs sur le différend et les fores turbulences autour de la politique migratoire au sein de la coalition gouvernementale d'Angela Merkel associant son parti chrétien-démocrate (CDU), son allié bavarois très conservateur (CSU) et les sociaux-démocrates (SPD).

RHEIN-ZEITUNG écrit à ce propos que la coalition gouvernementale risque d'être fragilisée par la politique migratoire adoptée par Merkel, qui doit prendre au sérieux cette question rejetée par la majorité des députés. Le sujet est politiquement très sensible en Allemagne depuis que la chancelière a ouvert en 2015 et en 2016 les frontières à plus d'un million de migrants, et lui vaut régulièrement les critiques de son propre camp, qui l'accuse de laxisme, poursuit le journal, qui estime nécessaire de revenir à l'ancien régime qui interdit l'accès au territoire allemand à tout immigré qui serait enregistré dans un autre État.

FREIE PRESSE estime, quant à lui, que la chancelière ne cèdera pas et compte beaucoup sur le soutien des députés de sa formation politique qui pourrait tout aussi bien apporter leur soutien au ministre de l'intérieur qui ne cesse, depuis plus de deux ans, de dénoncer l'arrivée des réfugiés, et dans ce cas Merkel serait contrainte de déposer sa démission.

Pour sa part, le journal Die Welt considère que la question migratoire est une grande problématique qui requiert des solutions complexes et collectives devant être apportées aux niveaux des frontières, des sociétés, en Afrique et dans la politique de l'Union européenne. 




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