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Point de vue : Opinion publique


Lundi 16 Avril 2018 Par Ahmed GHAYET




Voilà bien un nouveau venu dans la société marocaine , un acteur émergent mais ô combien important et dont bien peu de décideurs, d’institutionnels, de politiques ont vu et compris l’importance.

L’opinion publique !

Deux mots qui se suffisent à eux-mêmes pour se définir et qui dans notre vieux pays n’avaient pas d’existence réelle -ou en tout cas reconnus comme tels- jusqu’à ces dernières années où notamment via les réseaux sociaux, ils ont pris une ampleur soudaine et déterminante.

Combien de manipulations, de scandales, de petits ou grands arrangements ont-ils ainsi pu se faire à cause du silence, du mystère, de l’omerta qui les entouraient ?

Cette époque bienheureuse pour les malfaisants est Dieu merci terminée, aujourd’hui tout est public, tout se sait, tout se dénonce (hélas avec les exagérations, fausses infos et déformations inhérentes) et aujourd’hui les voix ont un poids.

Ces voix, unies, deviennent un acteur prépondérant de la société et infléchissent forcément les décisions prises, d’autant plus que la société civile, les jeunes, les femmes ont compris que là résidait leur meilleur atout et leur seule force -puisque hélas le vote ne pèse guère- mais cette force est aujourd’hui une réalité et a d’ores et déjà su s’élever contre nombre de pratiques, de décisions, d’intentions malvenues.

Hélas comme notre classe politique et nos élus ont toujours un train de retard ils n’ont pas saisi sa portée et ne tarderont pas à s’en mordre les doigts. On le voit déjà par les dénonciations d’actes de harcèlement, délictueux ou de racisme – grâce à des vidéos postées sur les réseaux sociaux et la mobilisation des personnes engagées- et qui ont conduit à l’arrestation de leurs auteurs, on le constate aussi au recul qu’ont dû effectuer des ministres prévoyant des mesures attentatoires aux libertés.

Si nombre de reculs ont pu être évités à notre société -en particulier sous le gouvernement Benkirane- c’est bel et bien à cette opinion publique que nous le devons, si l’opinion publique est anonyme dans son nombre et sa diversité elle compte cependant en son sein plusieurs influenceurs qui de par leur engagement, leur charisme, leur clairvoyance font figure de leaders. Je n’en citerais que quelques-uns qui me viennent à l’esprit spontanément : Sanaa El Aji, Bahaa Trabelsi, Hassan Alaoui, Momo (Le Boul’vard), Reda Dalil, Mohamed Laroussi, Narjis Rerhaye, Noureddine Lakhmari, Samira Sitail, Nabil Ayouch, Salah El Ouadie, Youssef Chehbi, Ali Bouabid, Hicham Solhi, Latefa Ahrrare, Majda Saber, Mehdi Alioua, Reda Zaireg, Valérie Morales Attias, Bouthaina Azami, Rajaa Kantaoui, Reda El Ourouba…

À la fois «garde-fous» et moteurs ces mobilisateurs de l’opinion publique ont aujourd’hui une réelle capacité de mobilisation, d’indignation et de réaction qui devraient inciter les décideurs, les institutionnels à en tenir compte et à les considérer comme des acteurs. Hélas on ne peut que déplorer le fait que nombre d’initiatives prises au nom de la population, pour la population, soient malheureusement conduites sans la population. Dernier exemple en date la campagne pour la Coupe du monde 2026 où l’actrice principale, la jeunesse, est absente !

Que dire du dossier, inscrit dans nos gènes, de notre Sahara où les partis politiques se réunissent entre eux -ce qui est certes une bonne chose- mais négligent totalement l’indispensable mobilisation populaire !

Et ces exemples sont légion, pourtant je pense que cela ne sera plus possible à très court terme car justement «l’opinion publique» ne sera plus seulement dans la réaction mais sera dans l’action, sera le fer de lance, les signes précurseurs sont là, bien fol qui ne le voit…



Source : http://aujourdhui.ma/chroniques/point-de-vue-opini...




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