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MAP | Reproduit ici le Vendredi 28 Septembre 2018 à 09:54

Plaidoyer à Rabat pour des politiques franco-allemandes concertées en faveur de la dé-radicalisation et la réinsertion au Maghreb




Rabat - La France et l'Allemagne, de par la convergence de leurs intérêts, sont appelés à adopter des politiques concertées à l'égard du Maghreb, notamment dans les domaines de la sécurité, la migration et le développement afin de freiner la radicalisation des jeunes et faciliter leur insertion sociale, a indiqué, jeudi à Rabat, le chercheur Tobias Koepf.

Intervenant lors d'une rencontre débat organisée par l'OCP Policy Center, pour la présentation du rapport de la Fondation Genshagener sur "La coopération franco-allemande à l'égard du Maghreb-convergence des objectifs, divergence des politiques", M. Koepf a relevé que la France et l'Allemagne devraient davantage coordonner et étendre leurs efforts au bénéfice des programmes de prévention, de dé-radicalisation et de réinsertion dans les pays maghrébins afin de freiner l'avancement de la radicalisation et la propagation du "salafisme radical".

Dans ce sens, M. Koepf a proposé d'intensifier et d’encourager l'échange d'informations et d'expériences en matière de coopération sécuritaire, migratoire et de développement à travers des tria-logues franco-germano-maghrébins, impliquant des représentants des départements concernés, des agences de développement et des experts nord-africains.

Concernant le domaine du développement, l'expert estime que la France et l'Allemagne pourraient soutenir conjointement "des réformes socio-économiques concertées au lieu de poursuivre séparément leurs programmes bilatéraux". 

D'après le chercheur allemand, la création d'une sorte de "fonds structurel pour le Maghreb calqué sur le fond structurel de l'Union européenne", pourrait contribuer à mettre en œuvre le processus de décentralisation les pays maghrébins et soutenir le développement et la croissance durable.

En effet, la nomination d'un envoyé spécial franco-allemand pour les relations avec le Maghreb ou l'élaboration d'une stratégie franco-allemande conjointe favorisant les possibilités d'immigration légale depuis le Maghreb, pourraient être un atout, a-t-il expliqué. 

En plus d'encourager les gouvernements du Maghreb à développer des stratégies, des visions et des priorités à moyen et à long terme, le chercheur suggère qu'une amélioration de la coordination et de la transparence des bailleurs de fonds internationaux pourrait créer davantage de synergies et contribuer à une meilleure répartition des tâches dans la coopération entre la France, l’Allemagne, l'Union Européenne et le Maghreb, a-t-il constaté. 

Co-auteur du rapport, M. Koepf a indiqué que si les priorités et les intérêts allemands à l’égard du Maghreb ont clairement convergé depuis 2011, les efforts de coopération concrets restent clairsemés, notamment les projets de développement qui sont parfois menés de façon plutôt parallèle que coordonnée.

Cela s’explique essentiellement par le fait que la France et l’Allemagne sont certes d’accord sur les objectifs poursuivis dans la région, mais qu’elles ont beaucoup plus de mal à trouver une base commune concernant les instruments propices pour les réaliser, a conclu l'expert allemand. 

Tobias Koepf est chargé de projets au sein de l'équipe du Dialogue européen à la Fondation Genshagen. Auparavant, il était chercheur associé dans le cadre du programme France/relations franco-allemandes de la Société allemande des affaires étrangères. Titulaire d’un doctorat de l’Université de Coblence-Landau (Allemagne) et d’un diplôme de l’Université Ludwig-Maximilian de Munich, ses domaines d’expertise sont notamment les relations franco-allemandes et les politiques française et allemande à l'égard du continent africain.