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Les échanges commerciaux tuniso-marocains sont en berne


Samedi 20 Octobre 2018




Les échanges commerciaux tuniso-marocains  stagnent encore,  regrette S.E. Mme Latifa Akharbach, Ambassadrice du Maroc à Tunis. 
Intervenant dans le cadre de la rencontre-débat «  Les échanges économiques entre la Tunisie et le Maroc : entraves et perspectives », l’ambassadrice a fait savoir que les échanges commerciaux tuniso-marocains n’ont pas encore atteint le rythme souhaité.
Le seuil de 500 millions de dollars d’échanges commerciaux fixé pour l’année  2020 entre les deux pays semble être un voeu pieux. En effet,  en 2017, les exportations et les importations entre les deux pays ont atteint  854 millions de dinars tunisiens. Le taux de couverture du côté marocain est de 45%. La balance commerciale affiche depuis de nombreuses années un déficit en défaveur du Maroc, avance l’Ambassadrice.
Elle affirme que le commerce bilatéral entre le Maroc et la Tunisie ne dépasse guère les 3% de l’ensemble des échanges commerciaux des deux pays avec l’étranger.  Le FMI estime que le manque à gagner imputable au faible niveau des échanges bilatéraux est de l’ordre  de 1,5% par an du PIB . Elle affirme aussi que le Maroc est le 35ème client de la Tunisie. La Tunisie n’arrive  qu’à la 36ème place sur la liste des clients du royaume.
Au niveau des investissements,  le bilan n’est guère reluisant, fait remarquer l’Ambassadrice. A peine 23 entreprises marocaines ou à participation marocaine  sont installées en Tunisie.
Elle a souligné l’importance  de mettre en place un plan urgent  pragmatique et équitable pour les deux pays. Elle affirme que la concurrence entre  les deux pays  s’est transformée en un frein  psychologique.

Quels sont les obstacles qui se dressent devant  les échanges commerciaux tuniso-marocains ?

Il s’agit d’obstacle financiers, fiscaux et bureaucratiques. Il y a également un problème d’admission temporaire de matières premières, retard et difficultés de récupération de  la TVA et le  blocage de franchise. Pour l’ambassadrice, ces obstacles limitent le champ d’action des deux pays.
Par ailleurs, l’analyse de la nature des produits échangés entre les deux pays fait apparaître d’autres points problématiques. Les produits échangés  sont  peu diversifiés et ne génèrent pas de valeur ajoutée technologique (papier carton, poterie et autres) ou autre.
Le potentiel que pourrait fournir la complémentarité des échanges n’est absolument pas exploité.  La similitude des produits exportés  devient ainsi un réel frein  au développement des relations commerciales.
De plus, même au niveau des hydrocarbures, la tendance est baissière, et ce, depuis 2000, regrette l’ambassadrice.

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