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Malika Mojahid - MAP le Jeudi 5 Mars 2020

Hajar Saaid, l’experte marocaine qui concilie entre eau environnement en Afrique



Accra – Par sa force, son audace et sa détermination, la jeune marocaine Hajar Saaid a su se frayer un chemin vers la réussite dans un secteur vital en Afrique: l’eau et l’environnement, avec un goût prononcé pour l’excellence dès sa tendre enfance.


Son savoir-faire n’est pas le fruit du hasard. C’est plutôt le couronnement d’une formation académique solide et d’une expérience professionnelle riche et évolutive, où elle a fait ses preuves grâce à sa volonté, curiosité et persévérance.

Avec en poche un master en gestion de l’eau et l’environnement de la faculté des sciences de Rabat en 2009, son goût pour l’apprentissage ne s’arrête pas là.
Elle décide de partir en France pour suivre une formation dans l’ingénierie de l’eau et la gestion de l’environnement à l’université de Limoges.

Comptant plusieurs stages à son actif, dans des entreprises françaises et marocaines opérant dans le domaine de l’eau et l’environnement, dont l’ONEP, Hajar reçoit sa première offre d’emploil dans un bureau d’étude marocain avant même de terminer ses études.

“Dans ce sens, j’ai réussi à orienter mes stages afin de gagner rapidement de l’expérience et de consolider mes acquis pour mieux me préparer au monde professionnel”, a-t-elle confié à la MAP dans un entretien à l’occasion de la journée internationale des femmes.

“Mon expérience au sein du bureau d’études marocain m’a permis d’acquérir une expértise dans le consulting et l’ingénierie de l’eau et la gestion de l’environnement”, a-t-elle souligné avec enthousiasme.

Parce que la vie est pleine d’opportunités, Hajar, qui voit l’avenir d’un œil très optimiste, quitte son emploi en quête d’offres qui correspondent à ses ambitions, pour atterrir dans une multinationale australienne qui fournit des services de conseil sur les grands projets d’infrastructure à travers le monde.

“Le bureau d’études australien voulait s’installer au Maroc et cherchait des experts avec une expérience de pas moins de 15 ans”, raconte-t-elle.

Mais cette condition ne l’a pas empêché à postuler quand-même, pour être la première recrutée par ce bureau d’étude qui a choisi Rabat comme bureau de l’Afrique du Nord.
“Cette expérience m’a donné l’occasion d’avoir un œil sur le secteur de l’eau et de l’environnement en Afrique du nord”, se réjouit Hajar armée d’une volonté précoce de prendre en main sa destinée et s’assurer la carrière qui correspond à ses ambitions.

En 2017, cette passionnée du monde écolo reçoit la proposition d’aller pour une nouvelle étape et de découvrir l’Afrique subsaharienne.

Armée d’un sens aigu de l’initiative et d’ambitions sans frontières, Hajar n’hésite pas à quitter les sentiers battus pour s’offrir une carrière dans un pays loin de sa très chère patrie, le Ghana, en tant que spécialiste senior en eau et environnement.

“C’était pour moi le début de l’aventure, de la grande aventure”, dit cette native de Rabat qui s’intéresse surtout aux projets relatifs aux changements climatiques et à la résilience.

Une tâche pas facile. Mais point impossible pour cette “grande passionnée” de l’Afrique et de ses cultures diverses.

Pour cette experte, âgée à peine de 34ans, la nouvelle responsabilité au sein du cabinet multinational lui permet d’accumuler une expertise dans les besoins du continent africain, en termes d’infrastructures et dans ses défis pour la mise en œuvre de projets de l’eau et de l’environnement.

Des déplacements à Sierra Leone, au Bénin, au Togo, en Afrique du Sud et au Sénégal ont donné à la jeune marocaine l’opportunité de lancer des projets de développement dont l’impact sur la population est palpable et d’une grande valeur ajoutée.

Et à l’entendre en parler, on peut facilement conclure à sa formule magique, faite d’engagement, de persévérance et d’ambition.

“Tout parcours professionnel est semé de difficultés et d’obstacles. Néanmoins, il suffit de faire preuve de persévérance, de ténacité et surtout d’une forte résilience aux différents chocs externes pour frayer son chemin”, a-t-elle estimé.

Pour elle, si la compétence se fait valoir et si les performances se concrétisent et foisonnent au fil des années, rien ne peut entraver une carrière qui se dessine et se renforce. Il suffit juste de savoir s’imposer et avoir une auto-confiance de fer.

Le Ghana, c’est mon deuxième pays. C’est avec ce mot que Hajar décrit son amour pour ce pays ouest-africain, qui la charme avec son hospitalité et sa richesse culturelle.
“En tant que marocaine et africaine, l’intégration au Ghana était facile et sans difficultés”, raconte-t-elle.

Quant à la situation de femme en Afrique, Hajar estime que les femmes africaines sont engagées dans tous les domaines, contribuant ainsi au développement de leur pays, au même titre que les hommes.