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Filière équine : Le Plan décennal 2011-2020 de la Sorec tient ses promesses


Samedi 20 Octobre 2018 Par ALM




Filière équine : Le Plan décennal 2011-2020 de la Sorec tient ses promesses

S’il y a une date à retenir pour la filière équine au Maroc, c’est bien l’année 2011. En cette année, le ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, avait dévoilé à El Jadida les grandes lignes de la Stratégie nationale de développement de la filière équine qui jouit, désormais, d’une bonne santé

L’année 2011 rappelle bien une promesse faite par M. Akhannouch en faveur de la filière équine et ce, en marge de la 4ème édition du Salon du cheval. Elle consistait à « redonner au cheval la place qui lui revient en faisant de sa filière un levier de développement socioéconomique et en augmentant sa part du PIB national. Depuis, et à travers la Sorec (Société Royale d’Encouragement du Cheval ), la  filière équine s’est donné petit à petit le temps pour faire valoir sa productivité et participer de manière effective au développement du PIB, comme tant souhaité. Dans ce sens, l’apport de la filière équine a presque doublé, passant de 3,4 MMDH en 2007 à 6 MMDH en 2015. Dans le même ordre d’idées, il faut noter qu’en 2015, la filière équine enregistrait déjà 30.000 emplois et contribuait à 0,61% du PIB national.

Toujours entre 2011 et 2015, le développement de la filière équine au Maroc était apparent. Le cheptel national de chevaux a connu une croissance telle que le nombre de naissances a augmenté – selon les chiffres communiqués – de 800 chevaux par an sur les cinq principales races du Royaume, à commencer par le barbe, l’arabe-barbe, le pur-sang arabe, l’anglo-arabe et le pur-sang anglais. Le nombre de naissances annuelles sur les 5 principales races a par ailleurs augmenté de 27% entre 2011 et 2017, pour s’établir à 4.000 naissances, avec une nette amélioration de la qualité génétique.

La Stratégie de la filière équine déployée depuis 2011 a porté ses fruits, poussant le secteur à trouver – en seulement 5 années – ses repères en le structurant et en l’aidant à renforcer ses fondamentaux pour le transformer, enfin, en un moteur de développement économique et social.

Trois grands axes pour préserver la filière

Le Plan décennal élaboré en 2011 ambitionne d’exploiter le potentiel de la filière et valoriser la filière équine dans l’économie marocaine jusqu’à atteindre les 7 MMDH en 2020. Pour ce faire, trois axes ont été déclinés, à savoir la sauvegarde de la race barbe, le développement de l’utilisation du cheval, la promotion des courses hippiques et la formation qui demeure – à côté de la sensibilisation – un maillon indispensable pour assurer le plein essor de la filière équine à l’horizon 2020.

Pour ce qui est de l’employabilité, il faut dire que la filière équine fortifie de plus en plus son arsenal en termes de personnel en créant des emplois directs et en stimulant des emplois indirects en vue d’atteindre 9.000 postes d’ici 2020.

Développement des infrastructures équestres

L’infrastructure étant importante pour développer la filière équine, il a été ouvert en 2017 un hippodrome à Marrakech à l’occasion de la Conférence internationale du pur-sang arabe. À Bouznika aussi, un centre d’entraînement s’étalant sur 30 hectares a vu le jour dans la même année, permettant aux propriétaires privés d’avoir un espace adapté pour l’entraînement de leurs chevaux. On notera également la reconversion de 50 stations de monte en centre de promotion de l’élevage équin «pour introduire l’insémination artificielle dans les régions reculées».

A ce titre, le réseau de la Société royale d’encouragement du cheval (Sorec) couvre l’ensemble du Royaume avec 5 Haras (Meknès (le plus ancien), Bouznika, El Jadida, Marrakech et Oujda), 54 Stations de monte et Centres de promotion de l’élevage équin avec un projet de construction, en 2019, d’un centre à Casablanca dans la région de Bouskoura. Objectif ? Vulgariser les techniques modernes d’élevage, la gestion des services aux éleveurs et le soutien des associations d’éleveurs.

La Maroc, havre des «courses hippiques»

De 2011 à 2015, 500 courses hippiques ont été organisées et le nombre de chevaux participants a augmenté de 650. En somme, 2.300 courses nationales sont organisées, dont 23 prises avec des paris européens. Aussi, 100.000 chevaux et juments ont été recensés. Ce qui a favorisé l’amélioration de la qualité de l’élevage et l’augmentation de l’effectif dans les années suivantes puisque le nombre de naissances a augmenté de 900 chevaux sur toutes les races, soit 24%. Jusqu’à 2017, 650 courses hippiques additionnelles ont été organisées, soit une nette évolution de +37% comparé à l’année 2011. De plus, 32 courses ont été exportées en Europe, notamment à Paris.

Entre 2011 et 2015, le volet «professionnalisation, structuration et renforcement de la filière des courses hippiques» dépendant de la Stratégie lancée en 2011 par la Sorec, chapeautée par l’infatigable Omar Skalli, a permis l’organisation de 500 courses additionnelles, entre 2011 et 2015.

Aujourd’hui, sont comptabilisées environ 2.400 courses par an, soit une augmentation de 30% par rapport à 2011. L’objectif est d’arriver à 3.000 courses par an en 2020. De quoi faire réjouir les parieurs, les 277 jockeys que compte le Maroc et évidemment les 3.200 propriétaires de chevaux.

Bien qu’on recense au Maroc quelque 560 lieux dédiés aux parieurs, les professionnels souhaitent vivement l’amélioration de la gestion opérationnelle des courses pour l’optimisation du rôle de ces dernières en tant qu’incubateur de développement pour l’ensemble de la filière.

De la santé du cheval

La Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA) vient de signer une convention de partenariat avec la Sorec pour lancer des assurances couvrant les besoins du secteur équin. Cette convention permettra d’unir les expertises des deux organismes dans le but de sensibiliser les acteurs de la filière équine à l’assurance agricole, et notamment l’assurance des chevaux, pour améliorer son taux de pénétration.

L’objectif est d’améliorer la santé équine, le bien-être du cheval, la productivité et les conditions d’élevage des chevaux au Maroc. Ainsi, les deux organismes vont établir conjointement des plans d’action annuels et un planning afin mettre en œuvre les différents engagements.

Le cheval marocain a sa propre clinique

En septembre 2016, l’Institut agronomique et vétérinaire (IAV) Hassan II a vu naître à Madinat Al Irfane une clinique vétérinaire équine. Fruit d’une convention cadre paraphée entre la Sorec et l’IAV Hassan II, la nouvelle clinique équine a enregistré en 6 mois seulement de son inauguration 150 interventions médicales et chirurgicales.

La clinique en question contient un laboratoire d’analyses vétérinaires des plus importants du Royaume. Équipé d’un matériel très sophistiqué, le laboratoire est le seul au Maroc à permettre la recherche des filiations équines et l’identification ADN. Il permet en outre d’effectuer les analyses biochimiques vétérinaires, la parasitologie et la recherche de virus et bactéries par PCR en temps réel.
 

Préserver coûte que coûte le cheval barbe

Race marocaine par excellence et emblème équestre du Maroc, le cheval barbe fait du Royaume le leader mondial en termes de nombre, constituant ainsi plus de 10% du total des chevaux, toutes races confondues. Néanmoins, les professionnels du secteur ont fait part de leur inquiétude quant au déclin du nombre de cette race au Maroc. D’où sa valorisation et sa promotion à travers la stratégie tracée en 2011. Pour rappel, le Maroc préside l’organisation mondiale du cheval barbe.

La nouvelle structuration de la filière équine adoptée de manière effective à partir de 2011 a permis d’accompagner l’évolution sur le plan régional de toutes les races et surtout le cheval barbe. A titre d’exemple, notons les travaux de reconstruction du haras national d’Oujda qui ont permis la création de nouveaux locaux pour répondre aux nouvelles normes techniques internationales modernes d’accompagnement de la filière en pratiquant au niveau des centres l’insémination artificielle de l’arabe-barbe, du pur-sang arabe et bien évidemment du barbe marocain.

En outre, il a été pensé à renforcer les activités pourvoyeuses de croissance tels les arts équestres, les courses hippiques, les sports équestres, l’équithérapie et le tourisme. Ces nouveaux usages auront un impact direct sur la sauvegarde du cheval en général et de la race barbe en particulier.

En 2011 déjà, le nombre de naissances du cheval barbe a été multiplié par trois. Une cadence dont l’impact a accouché d’un bilan positif dans le volet de la sauvegarde et de la mise en valeur de cette race. Cette cadence a permis de doubler en 2017 le nombre de chevaux barbe avec, en sus, la création en 2017 du Meeting national du barbe et de l’arabe-barbe.

La formation, un impératif

Indispensable pour le développement de la filière équine au Maroc, il a été procédé en 2013 à l’inauguration de l’ Institut national du cheval, Prince Héritier Moulay El Hassan, de Dar Essalam. Le but est de contribuer à doter le secteur en personnel qualifié conformément aux attentes de la filière.

Premier établissement dédié aux métiers du cheval au Maroc et en Afrique, cet institut est le fruit d’un partenariat scellé entre l’OFPPT, la Fédération royale marocaine des sports équestres, le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime et le ministère de l’artisanat.

Conçu avec une vocation double, l’Institut cherche d’une part à former les jeunes et les professionnels du secteur aux différents métiers liés à la filière équine, et d’autre part à abriter des manifestations sportives et artistiques, nationales et internationales.

Fort de ses 650 places pédagogiques, il dispense 7 filières de formation spécifiques à la filière équine : Gestionnaire d’entreprise équine, Enseignant équestre, Assistant vétérinaire, Soigneur d’équidés, Maréchal-ferrant, Sellier harnacheur et Sellier traditionnel.

L’année 2015 a accouché de la première promotion de jockeys diplômés de la formation mise en place en 2015 par l’Institut national du cheval Prince Héritier Moulay El Hassan, en partenariat avec l’OFPPT.

Le spectacle au service du cheval… et vice versa

La « tbourida » est considérée par la Sorec comme un évènement majeur pour la promotion de la filière équine par le biais de la culture. Depuis 2011, la société œuvre à l’organisation de 21 concours de tbourida en vue de préserver cette scène où le cheval jour le rôle du héros par excellence.

Toujours dans le contexte du spectacle, les jockeys de l’Ecole d’art équestre moderne de Marrakech offrent plus d’une occasion aux visiteurs des voltiges ; valorisant par-là de plus belle la place du cheval aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. En langue des chiffres, ont été organisés 24 concours de tbourida avec la participation notoire de 333 sorbas et de 6.000 chevaux (*2 depuis 2011) ; tout en comptant 23 concours d’élevage.

Le Maroc dans la cour des grands

Tablant sur une stratégie de rénovation et d’équipement des centres d’entraînement, des clubs équestres, des haras et des hippodromes (7 dans tout le Royaume), le Maroc est considéré comme un challenger face aux grands de la discipline, notamment l’Allemagne, l’Angleterre et la France.

Au fil des ans, le Salon du Cheval d’El Jadida est devenu la quintessence des efforts consentis par l’Etat, sous la bienveillance de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour la valorisation de la race équine, en tant que l’un des affluents du secteur agricole, pourvoyeur d’emplois et générateur de richesse.

Cap sur le Salon du cheval d’El Jadida

Dans un registre parallèle, le Salon du cheval (dont la 11ème édition se tient du 16 au 21 octobre 2018 au Parc d’Expositions Mohammed VI d’El Jadida sous le thème «Les Sports Équestres au Maroc») a pu gagner en notoriété grâce aux efforts déployés depuis 2011 dans le cadre du Plan décennal présenté par la Sorec sous la tutelle du ministère de l’agriculture.

La notoriété gagnée par cet événement phare, qui jouit du Haut patronage du Souverain, renseigne sur les grands progrès en termes de professionnalisation, de structuration et de renforcement de cette activité, dont la valeur ajoutée ne cesse de croître depuis la mise au point de la Stratégie nationale de cette filière en 2011.

Une notoriété qui s’explique par le succès que gagne l’événement d’année en année. Preuve en est l’affluence que connaît la 11ème édition qui fait l’objet d’un carrefour pour 220.000 visiteurs, 100 exposants, 1.000 chevaux, 700 cavaliers, 35 nationalités, 600 journalistes accrédités de la presse nationale et internationale et 25 journalistes étrangers représentant 10 pays.

Contribution aux recettes fiscales de l’Etat

En ce qui concerne la contribution de la filière aux recettes fiscales de l’Etat au titre de la TVA, l’ambition affichée en 2011, année d’élaboration du Plan décennal 2011-2020 en vue de développer la filière équine et asseoir son impact économique, est d’atteindre 1,1 MMDH en 2020, au lieu de 700 MDH au titre de l’année 2009.

A ce jour, les fondamentaux d’une filière équine marocaine performante ont été mis en place et l’ensemble des objectifs de la feuille de route 2011-2020 devrait être atteint.



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