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MAP le Vendredi 28 Septembre 2018

FIFFS-12: Le film "Apartide" de Narjiss Nejjar, un témoignage saisissant du drame des milliers de familles marocaines expulsées d'Algérie




Salé - Le film marocain "Apartide" de Narjiss Nejjar, projeté, jeudi soir, dans le cadre de la compétition officielle de la 12ème édition du Festival International du Film de Femmes de Salé (FIFFS), est un témoignage du drame de l'expulsion arbitraire de dizaines de milliers de Marocains, qui ont été renvoyés manu militari d'Algérie, en décembre 1975, laissant derrière eux leur famille et leurs biens.

Ce long métrage de 95 min suit le parcours d'une femme de 35 ans, hantée par une enfance déchirée par cet exil forcé qui a séparé de nombreuses familles maroco-algériennes.

L'héroïne, qui avait douze ans lorsqu'elle a été expatriée avec son père, laissant sa mère seule en Algérie, a grandi avec une obsession: revenir en Algérie et retrouver sa mère.

Sans papier, Hénia mène une vie difficile et peine en silence, à l'instar de plusieurs Marocains victimes de cette expulsion. En effet, elle ne cherche pas à regagner l'Algérie pour l'amour du pays mais pour se réunir à nouveau en famille.

A la fin du film, on l'entend dire: "L'Algérie nous a tout pris. Elle n'est pas mon pays. Mon pays est ma mère". 

Ce long métrage est un devoir de mémoire et une façon de faire connaitre cette page de l'histoire tournée sans être lue, dont les souffrances endurées par des milliers de personnes restent des plaies béantes. 

Il s'agit, aussi, d'un retour sur une phase sombre qui a laissé chez les Marocains expulsés un traumatisme, un sentiment d'injustice profond et un tatouage indélébile.

Dans ce film, la réalisatrice de "L'amante du Rif" et "Les yeux secs", Narjiss Nejjar, interpelle la mémoire et sensibilise sur le calvaire vécu par 350.000 familles marocaines expulsées, qui constitue une violation flagrante des droits de l'homme et du droit international humanitaire. 

Le film est interprété par les acteurs Aziz El Fadili , Avishay Benazra et Julie Gayet. Il s'agit d'une co-production franco-marocaine (Moon&Deal et La Prod), qui a reçu des subventions du Maroc et du Doha Film Institute.

La 12-ème édition du FIFFS, qui se tient du 24 au 29 septembre, connaît la participation de 12 films à la compétition officielle des long-métrages, représentant 18 pays des cinq continents, dont 11 seront exclusivement projetés au Maroc.

Sont en lice, "Apatride" de Najiss Nejjar (Maroc), "Lemonade" d'Ioana Uricaru (Roumanie, Canada, Allemagne, Suède), "Slut in a Good Way" de Sophie Lorain (Canada), "The Seen and Unseen (Sekala Niskala)" de Kamila Andini (Indonésie, Pays-Bas, Australie, Qatar) et "Seule à mon mariage" de Marta Bergman (Belgique, France).

Il s'agit aussi de "Los Silencios" de Beatriz Seigner (Brésil, France, Colombie), "Carmen y Lola" d'Arantxa Echevarria (Espagne), "La mauvaise réputation (What Will People Say)" d'Iram Haq (Norvège, Allemagne, Suède), "Maki’la" de Machérie Ekwa (Congo RDC, France), "Les anges portent du blanc" de Vivian Qu (Chine, France), "A deux heures de Paris" de Virginie Verrier (France) et "Jusqu’à la fin du temps" de Yasmine Chouikh (Algérie, France).