eMouaten : Bulletin de Veille


MAP le Mercredi 4 Mars 2020

Cinq questions à la présidente du Réseau national de la lecture et la culture, Fatiha Abdellah



Fès – La présidente du Réseau national de la lecture et la culture, Fatiha Abdellah, revient, dans un entretien à la MAP, sur son expérience dans le monde de la diffusion de la lecture et la connaissance chez les jeunes, tout particulièrement les filles, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme.


Cinq questions à la présidente du Réseau national de la lecture et la culture, Fatiha Abdellah
1-Quelles sont les bases de la promotion de la lecture et de la culture à l’heure actuelle ?

Il existe différents milieux à travers lesquels le niveau de lecture et de culture est diffusé en tant que pratique, dont la famille, l’école, le milieu culturel et les médias. Il s’agit plutôt d’une question sociétale, impliquant à la fois les institutions officielles, les conseils élus, les partis politiques, les syndicats, les associations, les clubs féminins et sportifs, ainsi que les maisons de jeunesse.

La lecture est à la tête des priorités, et doit être au cœur de tout projet de développement humain, qui procède de la construction de l’être humain actif dans le développement.

2- Pourquoi avez-vous choisi le projet du Réseau national de lecture et de la culture?

Notre choix du Réseau national pour la lecture et la culture en tant qu’interface d’action découle de la conviction selon laquelle la connaissance est la porte d’entrée incontournable de tout développement souhaité.

La lecture dans sa conception globale, indépendamment de ses différents intermédiaires, verse dans la culture, dans ses volets matériels et immatériels, et stimule le développement des connaissances, de la science, de la littérature et des arts.

3- Comment les initiatives du Réseau national de la lecture et la culture ont-elles contribué à diffuser la conscience culturelle et à encourager la lecture chez les jeunes?

Le Réseau national de la lecture et de la culture a lancé nombre de projets pour contribuer à une dynamique générale, qui a commencé à se concrétiser au cours des dernières décennies, non seulement au Maroc, mais dans le monde entier, à la lumière du développement des moyens technologiques modernes, l’émergence des connaissances et la démocratisation des domaines de connaissances.

Dans des cadres et des structures institutionnelles et académiques complexes qui ne sont pas accessibles à tous, notre initiative vise à contribuer à une société de lecteurs et d’un citoyen actif capable de faire face aux changements avec conscience et responsabilité, capable de s’autoéduquer, de se former et de s’adapter rapidement aux développements technologiques.

Notre ambition au sein du Réseau national pour la lecture est de reconsidérer le livre et d’encourager les jeunes à une lecture diversifiée et utile, tout en développant la capacité d’adaptation, d’ouverture et de curiosité.

C’est dans ce sens que nous avons lancé des projets de développement de la lecture dans les écoles, les établissements pénitentiaires, les bibliothèques de proximité, les colonies de vacances, les parcs et les espaces publics.

4- Quelles sont les dimensions et les effets des campagnes de développement de la lecture et de la créativité que vous menez dans les établissements d’enseignement et les centres de qualification et d’intégration ?

Nous œuvrons à sensibiliser et encourager les citoyens à découvrir le plaisir et les avantages de la lecture et du développement personnel, à toucher ‘’les capacités illimitées’’ de l’esprit humain et à les investir dans l’amélioration de la qualité de vie.

Et l’impact de notre travail, malgré nos moyens limités, a commencé à prendre forme dans cette renaissance de la lecture chez les personnes cibles et cette volonté de s’engager dans l’acquisition d’habitudes de la lecture par les enfants et les jeunes, voire les adultes.

Nous pensons leur avoir redonné goût au livre. En effet, il ne s’agit pas de rejet de la lecture, mais d’une errance du livre en raison d’un manque d’éducation à la lecture, de la faible orientation depuis l’enfance à la maison et à l’école et l’incapacité à créer des conditions d’auto-éducation et de motivation.

5- Comment voyez-vous l’opération d’éducation des filles en lien avec l’autonomisation économique des femmes ?

Le premier accès à l’autonomisation économique correcte et durable des femmes est d’abord lié à l’autonomisation éducative. Nous pensons qu’au lieu de donner de l’argent aux femmes pour démarrer leurs projets, elles devraient être éduquées et éclairées sur l’univers de l’économie et du marché.

Aujourd’hui, les filles et les femmes marocaines sont plus présentes, engagées et efficaces dans tous les domaines, dont l’éducation, la lecture, la culture et la recherche scientifique. Certaines excellent dans ce qu’elles font.