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Brahim Salaheddine AMHIL - MAP le Vendredi 6 Mars 2020

Anahí Mondaca, une Chilienne qui transmet l’amour du Maroc à travers le tatouage au henné



Santiago – Née d’une mère argentine et d’un père chilien, Anahí Mondaca est une artiste tatoueuse au henné qui vit et travaille à Santiago du Chili.


Dans son atelier, le “Samsara Henna Studio” l’ambiance est purement marocaine avec une musique de fond, des ornements et des motifs qui transportent les visiteurs dans le monde magique et ancestral du Maroc, riche en symboles et en diversités.

“Je suis Anahí Mondaca Escobar, je suis née en Argentine, de mère argentine et de père originaire du nord du Chili. Ma famille s’est installée à Santiago quand j’étais encore petite fille, et j’étais toujours attirée par les arts et le théâtre”, a-t-elle dit dans un entretien accordé à la MAP, à l’occasion de la Journée mondiale de la Femme.

En réponse à une question sur sa relation avec le tatouage au henné, Anahí a indiqué que depuis son jeune âge elle était “très intéressée par les danses traditionnelles du monde” et en les étudiant “je me suis retrouvée avec un dénominateur commun entre plusieurs pays de l’Asie et de l’Afrique du nord à savoir le tatouage au henné”.
“En étudiant ces tatouages artistiques, je me suis retrouvée face à une grande diversité de styles”, a-t-elle relevé, soulignant qu'”au Chili, le henné est arrivé grâce à la méditation et au yoga”.

S’agissant de sa relation avec le Maroc, l’artiste a affirmé qu’elle a été toujours attirée par les traditions séculaires du Maroc.

“J’ai constaté que les styles, figures et dessins marocains me plaisaient beaucoup, notamment le style fassi qui était inspiré des broderies traditionnelles de cette ville impériale”, a dit l’artiste tatoueuse.

De là, elle a entamé son pèlerinage artistique au Royaume afin de mieux cerner et apprendre les secrets du tatouage au henné selon les différents styles et figures.

“Face à cette fascination, j’ai commencé à voyager au Maroc de manière régulière pour me familiariser avec les desseins traditionnels figurant sur les habits, tapis, ornements architecturaux et, par la même occasion, y apprendre le tatouage au henné des mains de “Nakachat” ou tatoueuses professionnelles”, a souligné la Chilienne, qui à travers ses voyages au Maroc, elle s’est “faite une amie qui s’appelle “Khadija” et qui vit à Sidi Kacem et qui partage avec moi son savoir-faire et m’a ouvert les portes de sa maison et m’a fait connaître sa famille”.

Avec cette amie marocaine, “j’ai appris la technique du tatouage avec la seringue. Une technique rapide et très précise”, selon Anahí, qui assure “aimer beaucoup étudier les différents styles de tatouages et improviser aussi”.

Selon cette artiste professionnelle de tatouage au henné, cet art requiert une grande précision et beaucoup de patience. “Mes nombreuses clientes chiliennes me disent toujours la même chose. Il faut de la précision et de la patience”, a-t-elle ajouté.

Du haut de ses huit années de pratique de ce métier, qui est en même temps une belle passion, Anahí aspire toujours à se perfectionner. “Afin de diversifier mon style de tatouage, j’ai beaucoup voyagé notamment au Maroc, en Turquie et en Iran”, a-t-elle raconté.

S’agissant des matériaux utilisés, Anahí a affirmé que le henné marocain est son seul outil de travail.

“Je ramène le henné depuis le Maroc. Chaque fois que je m’y rends je ramène du henné et lorsque l’une de mes connaissances revient de vacances du Maroc, elle m’en ramène aussi”, a-t-elle indiqué.

Le tatouage au henné a plusieurs adeptes à Santiago du Chili. Entre clientes assidues et visiteuses curieuses, l’atelier reçoit beaucoup de fans de cet art ancestral.

“J’ai des clientes qui viennent se faire des tatouages au henné pour des occasions spéciales comme les anniversaires ou les voyages”, a-t-elle relevé, soulignant que “la majeure partie de mes clients sont des femmes, disons les 90%, mais il arrive que des femmes viennent accompagnées de leurs conjoints qui se montrent également intéressés par un tatouage au henné”.

Entre sa formation artistique et son métier de tatoueuse professionnelle au henné, cette diplômée en arts dramatiques se retrouve pleinement.

“Avec cette passion que j’exerce maintenant comme métier, je me rapproche davantage de l’art. D’ailleurs, l’année dernière je me suis inscrite pour un diplôme en art et esthétique islamiques au centre d’études arabes de l’Université du Chili à Santiago”, a-t-elle précisé lors de cet entretien.

Interpellée sur ces projets d’avenir, l’artiste a soutenu être “la première chilienne à faire des tatouages marocains au henné à Santiago et je crois que j’ai planté les premières semences de cet art ancestral au Chili”.

Anahí a formé le vœu de pouvoir se rendre en octobre prochain à une rencontre sur le tatouage marocain au henné qui sera organisée dans la ville ocre de Marrakech, “une occasion de me présenter en tant que Chilienne qui maîtrise cet art ancestral marocain et le perpétue ici en Amérique latine”, a-t-elle expliqué, l’air fier.

Le henné est appliqué sur la peau à l’aide d’un cône pour une application précise selon les motifs choisis.

Plante qui pousse dans les régions désertiques du Maroc, le henné est un arbrisseau de la famille des lythracées qui peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur.