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AFP le Mercredi 17 Janvier 2018

Algérie: six militants de la cause mozabite risquent la peine de mort (avocats)




Six militants de la cause mozabite, minorité berbère algérienne, jugés jeudi en Algérie pour notamment "tentative de renverser le pouvoir" et "atteinte à la sécurité de l'Etat" ont été acquittés, ont annoncé leurs avocats à l'AFP.

"Justice a été rendue dans ce procès qui n'aurait pas dû avoir lieu", a réagi Me Mustapha Bouchachi, un de leurs avocats, joint par l'AFP à Ghardaïa (600 km au sud d'Alger) où se tenait le procès.

Il a dit espérer que ce "genre de décision contribuera à l'apaisement dans la région", théâtre de violences sanglantes et récurrentes ces dernières années entre Mozabites --Berbères de la vallée du M'zab-- et Chaâmbas --Arabes malékites.

Le procureur avait simplement requis "l'application de la loi", s'en remettant à l'appréciation du tribunal et ouvrant la voie à l'acquittement, selon les avocats des accusés.

Les six accusés faisaient partie d'un comité de médiation créé pour mettre fin aux violences intercommunautaires entre Mozabites et Chaâmbas, qui avaient fait au moins 35 morts entre décembre 2013 et juillet 2015 dans la région de Ghardaïa.

Il leur était reproché d'administrer deux pages Facebook où avaient été publiés des propos jugés haineux ou portant atteinte à la sécurité de l'Etat. Les accusés niaient administrer ces pages et avaient mis en avant leur engagement pacifique pour ramener le calme dans la région.

Plusieurs des accusés sont des militants du Front des forces socialistes (FFS), plus ancien parti d'opposition en Algérie.

Le chef du groupe parlementaire FFS, Chafaâ Bouaiche, s'est félicité de la décision, résultat de la mobilisation de ses militants et des avocats. "Cela prouve que les militants du FFS dans cette région ont toujours contribué à l'apaisement", a-t-il expliqué à l'AFP.

Parmi les chefs d'accusation, certains passibles de la peine de mort, figuraient: tentative de renverser le pouvoir, incitation à prendre les armes contre l'autorité de l'Etat, atteinte à l'unité du territoire, incitation à la haine raciale, association de malfaiteurs...

Un défenseur de la cause mozabite, Kamel Eddine Fekhar, arrêté en marge des violences en 2015, avait été libéré en juillet 2017 après avoir purgé deux ans de prison, notamment pour "trouble à l'ordre public".