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​4è Commission: Des activistes humanitaires internationaux s'indignent du détournement de l’aide destinée aux populations des camps de Tindouf


Vendredi 12 Octobre 2018 Par MAP




New York (Nations-Unies), 12/10/2018 (MAP) – Des activistes humanitaires se sont indignés, jeudi devant la 4è Commission de l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York, du détournement par les dirigeants du polisario de l’aide humanitaire destinée aux populations des camps de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie.

Eric Cameron, président de l’ONG norvégienne "World Action for Refugees", a critiqué l’inaction qui entoure le triste sort des populations séquestrées dans les camps de Tindouf, notant que des parties ont failli à leur responsabilité de venir en aide à ces populations en ne cherchant pas activement une solution politique, en l’occurrence à travers l’initiative marocaine d’autonomie qui garantit la bonne gouvernance et le respect des droits fondamentaux des populations.

Il a pointé du doigt le détournement de l’aide humanitaire par des gens dépourvus de la moindre fibre morale et qui s’enrichissent au détriment des populations des camps auxquelles cette aide est destinée, qualifiant ces agissements de "crime odieux".

L’activiste humanitaire norvégien estime que la feuille de route pour trouver une issue à cette impasse tragique est d’organiser un recensement des populations des camps, ce qui permet de garantir des ravitaillements suffisants en nourriture, médicaments et autres ressources au véritable nombre de bénéficiaires, appelant, à ce propos, l’Algérie et les gestionnaires des camps à démontrer qu’ils agissent dans l’intérêt des habitants et à poursuivre les responsables des détournements.

Il a aussi appelé à consulter librement les habitants des camps pour savoir dans quelle société ils voudraient se réinstaller, sur la base d’une information objective et de conditions adéquates et loin de toute influence idéologique qui pourrait nuire à leur liberté de choix. 

De son côté, Nancy Huff, présidente de l’organisation "Teach the Children International", a rappelé le rapport publié par l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) en 2015 qui a révélé que pendant des années, de vastes quantités d'aide humanitaire destinée aux Sahraouis vivant dans les camps de Tindouf avaient été "détournées" et que ces détournements ont été opérés par et au profit de certains dirigeants du polisario.

Mme Huff s’est dite persuadée que si des mesures simples avaient été prises pour mettre fin au vol de l’aide humanitaire, la question du Sahara aurait sans doute été réglée peu de temps après son déclenchement, il y a quatre décennies.

Aujourd'hui, les détournements incessants de l'aide humanitaire sont devenus monnaie courante et le réseau de cette tromperie s'étend à travers l'Afrique du Nord, a-t-elle indiqué, soulignant que "la mise hors d’état de nuire des coupables semble presque impossible car les questions ont maintenant un visage différent, la communauté internationale montre moins d’intérêt pour une résolution, et des frontières poreuses ont permis à la composition des camps de Tindouf de changer".

Pour sa part, Donna Sams, d’"Antioch Community Church", a rappelé qu’elle a effectué trois visites dans les camps, ce qui lui a permis de constater de visu que la population vivait dans des conditions de pauvreté.

Les dirigeants actuels du polisario ont pris l'initiative de collaborer avec des "Etats voyous et des entités malveillantes infiltrées dans la région, à l'intérieur et autour des camps de Tindouf", a-t-elle ajouté, soulignant l’impératif de se rendre compte de la possibilité que la question non résolue du Sahara devienne un pôle d'attraction pour des pays et des dirigeants ayant un programme de guerre et de déstabilisation.

Partant de ce constat, elle a appelé l’ONU à accélérer les efforts pour le règlement du conflit du Sahara, à la lumière des défis récents qui menacent la sécurité régionale, et à conduire un plan exhaustif de collecte de données sur les populations qui habitent dans les camps de Tindouf.

L’accélération des efforts de règlement, nécessite de considérer différentes options que par le passé, a conclu la pétitionnaire américaine, soulignant que la priorité aujourd'hui est de parvenir à la solution la plus sûre et la meilleure, à savoir le plan d’autonomie présenté par le Maroc.




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